Le bourdon

 

Le bourdon

 

bâton de pèlerin de St-Jacques

 

          Bénis avant le grand départ, la besace et le bourdon constituent, dès le haut Moyen Âge, les deux attributs caractéristiques du pèlerin, permettant de le reconnaître en tant que tel.

 

          Le bourdon est le compagnon du pèlerin, au même titre que son sac et sa gourde. Pourquoi ce nom de « bourdon » ?

         

          Le mot dérive du latin « burdo », mulet, car, comme l’animal qui supporte des charges, le bourdon est le support du pèlerin lors de son voyage. (cette étymologie est à rapprocher de celle du mot « poutre », qui dérive de « pullus », petit cheval, qui a aussi donné « pouliche », car comme le cheval supporte son cavalier, la poutre supporte la charpente)

 

          Le bourdon, ou bâton du pèlerin, était à l'origine plus petit que le marcheur, et à un seul pommeau, par la suite il sera représenté plus grand que lui, avec deux pommeaux.

 
          Le sermon « Veneranda dies », intégré au premier livre du Codex Calixtinus définit ses deux principales fonctions aider à la marche « comme un troisième pied », et défendre le pèlerin, concrètement, « contre le loup et le chien », mais aussi, à un degré symbolique, contre les pièges du démon, arme du salut par la pénitence, il devient le « bâton d'espérance - ferré de charité - revêtu de constance - d'amour et de chasteté » de la Chanson du Devoir des Pèlerins.

 

          De nos jours, les randonneurs aident leur marche avec des bâtons en carbone kevlar mais on trouve sur le chemin des pèlerins qui lui préfèrent le symbolique bâton de bois. "Prendre son bourdon" est une expression passée dans le language courant.

 

 

          La besace, qui contenait la maigre pitance du marcheur, était appelée « escharpe » en ancien français, par altération du francique Skerpa, sac en bandoulière. Au XVIe siècle, ce terme fut remplacé par celui de mallette, jusqu'à ce que le mot panetière s'impose. Le sermon Veneranda dies lui attribue une forte valeur symbolique : elle est étroite car pour subsister, le pèlerin met sa confiance en Dieu et non dans ses propres ressources ; elle est en peau de bête pour lui rappeler qu'il doit mortifier sa chair ; enfin, elle est toujours ouverte, pour donner comme pour recevoir.

 

 

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