Nous voilà repartis en
cette fin du mois d’août, direction Saint-Jean Pied de Port dans les Pyrénées Atlantiques, pour y laisser notre voiture.
On s’installe au gîte du
pèlerin, nous sommes accueillis par Danielle très sympa, son gîte est chaleureux, vraiment bien.
Quelle surprise en
sortant du gîte pour aller visiter cette jolie ville où chaque maison est pittoresque, de tomber nez à nez avec Dominique et Marie-Claire les cousins de Monique qui habitent les Landes et qui
sont en ballade à Saint-Jean !

Le soir avant le repas, Danielle
nous invite sur la terrasse du gîte et nous offre un Moscatel, vin blanc doux et sucré du sud de l’Espagne.
Le lendemain, nous nous rendons
en train à Moissac, point de départ de notre pèlerinage cette année. On dormira une fois de plus, c’est la troisième, à l’ancien carmel.
Le soir au dîner, on fait la
connaissance de Nicole et Philippe, de Diane une Québécoise et de plusieurs autres personnes que l’on rencontrera sur les chemins et dans les gîtes les jours suivants.
1e étape : Moissac – Auvillar – 20,5 km – temps
chaud - parcours ombragé, vallonné mais agréable
Nous avons fait le choix d’une
étape assez courte pour commencer le chemin.
On quitte le Carmel les derniers à 8h20, le soleil donne déjà bien mais on sera vite à l’ombre sur un agréable chemin de halage le long du canal et
de la Garonne.
Après trois kilomètres, une
variante propose de continuer au bord du canal, mais nous suivons le GR65 qui devient vite vallonné avec quelques belles côtes.
Nous avons déjà cassé la croûte
quand à l’entrée d’Espalais nous sommes accueillis par Vincent et sa compagne, un couple très sympa qui propose boissons fraiches, café, thé ou tisanes maison. Ils rénovent une vieille bâtisse
pour accueillir les pèlerins.
Nous faisons une halte et prenons
notre temps.
Arrivent un peu plus tard, Nicole
et Philippe avec un couple de Suisse, puis Diane. Nicole propose de nous prendre en photo, Monique
et moi.
Après une dernière belle montée,
nous atteignons Auvillar et l’office du tourisme. À 14h15, on nous installe dans le gîte communal, très bien aménagé, avec une belle terrasse et une vue sur la Garonne en contrebas. Diane est
dans le même gîte que nous, elle fait sa lessive et prépare son dîner dans la grande cuisine.
Auvillar est classé l’un des plus beaux
villages de France notamment pour sa halle circulaire, la tour de l’horloge et l’église Saint-Pierre.
2e étape : Auvillar – Castet-Arrouy –
22,5 km – temps chaud et lourd - parcours vallonné sans ombre avec beaucoup de petites routes
À 8h15, on quitte le gîte, on traverse le pittoresque village de Bardigues et un peu plus loin on quitte le Tarn et Garonne pour entrer dans le Gers
juste avant Saint-Antoine.

On admire au passage le
château de Flamarens puis on traverse le bourg de Miradoux et on arrive enfin au village de Castet-Arrouy. Je ne suis pas mécontent d’arriver, je me suis traîné aujourd’hui, je n’ai pas été bien
pendant plus de la moitié du parcours, je suppose à cause de la chaleur et du fait que je n’ai pas assez bu, mon eau avait mauvais goût.
Chez Nath, on est en avance, il
est 14h15, elle a laissé un mot, elle est au bar La Plancha 50 m plus loin. On va donc s’installer à la terrasse du bar où nous attendent déjà Nicole, Philippe, Diane et les Suisses.
Un demi, bien frais et un Perrier nous
font le plus grand bien. C’est ici qu’on mangera tous ensemble ce soir.
À notre table en plus des amis
déjà cités, Jean-Jacques et Thérèse de Charleville Mézières, Daniel de Perpignan, Jacqueline et Philippe de Colmar et Marcel,

et aussi à côté de moi, Luis de
Mexico qui ne parle pas français. Le gîte de Nath est très bien, elle est très gentille et nous avons très bien dormi en chambre de deux.
3e étape : Castet-Arrouy – La Romieu -
29 km – temps couvert très lourd 36° - peu d’ombre avec encore beaucoup de routes
À cause de la distance et de la
chaleur, on part plus tôt. Il est 7 heures et le soleil n’est pas encore levé. À 9 h 20 nous sommes à Lectoure, une ancienne cité gallo-romaine, maintenant labellisée « ville d’art et
d’histoire ».
Nous faisons une halte sur la place
principale où sont déjà Nicole et son mari et le couple ardennais partis encore plus tôt que nous, ce matin.
Monique visite la cathédrale et va
faire tamponner nos créanciales à l’office du tourisme de cette ville étape.
À l’arrivée à Marsolan, un petit
raccourci nous invite à passer devant une épicerie. Nous le prenons et faisons une halte pour le déjeuner sur les tables installées devant l’épicerie en compagnie d’un couple de Nancy.
Quelques côtes un peu longues mais pas trop difficiles pour cette
journée et on entrevoit les tours de la collégiale de La Romieu.
Comme tout le monde, on s’adresse à
l’office du tourisme pour trouver le couvent de La Romieu, un gîte privé très bien avec des chambres de deux, mais mal indiqué à l’arrivée. On passe pourtant juste à
côté.
Après la douche et une petite lessive, je vais visiter la ville
à la recherche d’un restaurant pour ce soir pendant que Monique s’offre la visite payante du cloître de la collégiale.
Au resto « Le Cardinal » qui fait des repas pèlerins, on
dînera à côté des Ardennais et de Christian et son épouse de Nancy avec qui nous avions déjà discuté pendant la pause de midi. Ces derniers ne font que de petites étapes, on a peu de chance de
les revoir.
4e étape : La Romieu – Larresingle
- 22 km – temps chaud - parcours de moins en moins vallonné.
À 7h15, il fait frais et c’est
bien agréable à comparé aux chaleurs de la journée souvent en plein soleil sur du bitume. Comme hier, le chemin longe des vignes et nous profitons du raisin qui nous tend les
bras.
Le début du parcours est agréable
et nous marchons bien, nous avons avalé les 16 km qui nous séparaient de Condom en rien de temps, à 10h05 nous étions
devant la cathédrale Saint -Pierre
ou nous attendaient les quatre mousquetaires.
Après une belle pause et quelques photos, il est temps de faire
quelques courses pour le pi quenique et à midi nous reprenons le chemin ou la
route devrais-je dire, car il y en a pas mal dans ces étapes.
Mais c’est après une descente dans un
chemin de terre que nous arrivons à la ferme du Tollet qui est à l’écart du GR 65 d’environ 800 mètres.
Il est 13h20, personne dans le
gîte nous sommes les premiers, mais notre nom est indiqué sur un tableau, chambre 1, on s’installe. Ici, c’est interdit de mettre les sacs à dos dans les chambres, trop tard, on n’avait pas lu
toutes les affiches en arrivant. Le propriétaire, un ancien rugbyman professionnel, passe et nous briefe sur la protection des punaises de lit qu’il craint et vérifie nos créanciales pour voir si
on vient d’un gîte à risque.
Un autre couple de la Mayenne et
deux jeunes filles viennent s’installer dans le même gîte que nous mais aussi une mamie de 80 ans, Marie et son petit-fils qui l’accompagne et que nous avions dépassés en chemin.
Nous avons la chance d’avoir une
chambre normale, mais à l’étage, elles ne sont séparées que par des rideaux et les douches du gîte ne ferment pas à clé. Un autre bâtiment est occupé par des jeunes qui sont invités à un mariage
au village. Dommage quand on sait que d’autres pèlerins n’ont pas trouvé d’hébergement et ont dû aller plus loin.
Nous allons visiter Larresingle à
1 km, un village forteresse du XIIIème siècle avec ses remparts, ses fossés et ses tours carrées. Nous goûterons une bolée de cidre avant de revenir à la ferme pour le repas.
Ca commence par un apéritif
gascon, une dégustation et la visite du chai avec explications. Ensuite nous sommes accueillis par l’épouse sympa de l’ex rugbyman, qui est aussi vigneron, dans leur salle à manger ou l’on ne
nous sert que des produits de la ferme. Le repas est très bon, copieux, et l’armagnac est offert en fin de repas.
5e étape : Larresingle – Eauze - 29 km
– temps frais le matin, chaud l’après-midi
Il a fait de l’orage dans
la nuit, il fait plus frais à 7h20 quand nous quittons le gîte. On fait 500 mètres pour rattraper le GR, puis on franchit le pont d’Artigues, œuvre architecturale à cinq arches inégales utilisées
depuis tout temps par les pèlerins.
On suit une route de crête puis
on descend un chemin caillouteux avant de reprendre une route qui nous mène à Montréal du Gers. L’épicerie est ouverte, on achète de quoi nous ravitailler et on passe à l’office du tourisme pour
un joli tampon.
Plus loin on traverse des vignes
à n’en plus finir et puis on se perd. On essaie à gauche, à droite, on revient en arrière, on repart mais il n’y a plus de balise. On se retrouve sur une route, mais on part du mauvais coté, on
aura fait 1,5 km quand on s’en apercevra. Du coup, le parcours aujourd’hui sera de plus de 32 km.
Fatigués par nos recherches et la
chaleur, on est content de nous asseoir et de manger sur un banc à côté de l’église de Lamothe. Gilbert et Jacques nous souhaitent un bon appétit en passant. Nous reprenons le chemin qui descend
pour gagner la plate-forme d’une ancienne voie ferrée jusqu’au bout. 7 km de plat ombragé pour finir, c’est bien agréable.
Il est 15 heures quand nous
demandons notre chambre à l’office du tourisme d’Eauze. Nous logons au Gîte communal.
C’est très bien comme souvent
mais pas de repas ni de petit-déjeuner de prévu. À notre étage se trouve un homme seul et une femme de 67 ans seule elle aussi, elle se lève tôt et fait de très longues distances. En bas un
couple sympa, Agnès et David d’Annecy et un allemand. Tous nous dirons s’être perdus, les balises ont été enlevées par un vigneron mécontent du passage des pèlerins dans ses vignes. Nous avons
avisé l’office du tourisme, mais son personnel était déjà au courant.
Une petite photo de la
maison de Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV avant d’aller apprécier une bière fraîche à la terrasse du restaurant « Le café de France » on l’on mangera le soir. On voit Luis et
Diane en balade dans la ville, eux aussi s’étaient perdus.
6e étape : Eauze – Nogaro - 20 km – beau
temps- parcours facile et ombragé.
À 7 h45, nous quittons
Eauze, capitale de l’Armagnac et ses maisons à colombages. Nous traverserons aujourd’hui encore les champs de tournesols et les vignes. Le raisin est mûr, tous les jours on goûte, le blanc et le
noir. Quand ce n’est pas du raisin, c’est des figues fraiches qu’on cueille le long des chemins.
À Manciet, on retrouve Agnès et
David, on fait une petite pause avec eux, puis ils s’en vont prendre un café au bar du coin. Plus loin, on rencontre Diane, puis Luis. On continue à notre rythme un peu plus rapide et à 12h15 on
arrive au gîte d’étape qui est à l’écart du chemin. Le gîte est fermé et n’ouvre pas avant 14h30,
Jacques et Gilbert, les Grenoblois
qui viennent d’arriver vont s’installer à une table de piquenique et nous nous installons à la table voisine. L’étape a été courte mais nous avons faim et il n’y a rien d’autre à faire que
d’attendre 14h30, le gîte est à l’écart du centre-ville de Nogaro.
On est dimanche et il y a une course de voitures
anciennes sur le circuit tout près, nos oreilles sont aux premières loges.
Luis nous rejoint vers 14h00, il est dans le même gîte que nous. Il est, comme nous, parti de Moissac et va jusqu'à Burgos. Il a déjà fait Le
Puy-Moissac l’année précédente et la partie Burgos-Compostelle l’année d’avant.
Au gîte, nous sommes en chambre de 2,
les amis en dortoirs. Ils se prépareront leur repas dans la cuisine aménagée mais nous, nous prendrons le repas en ville. Un plateau est déposé dans notre chambre pour le petit-déjeuner du
lendemain, tout est prêt et bien organisé.
7e étape : Nogaro – Aire sur l’Adour -
27,5 km – temps couvert – parcours facile
Du gîte, il faut faire près d’un
kilomètre pour revenir sur le chemin et arriver au centre-ville. Il est 7h10, le temps est couvert et on aura une petite pluie fine pendant
une petite heure. On a attendu avant d’enfiler nos Kways, qu’on n’aura finalement pas gardés plus de 15 mn. Un couple d’allemand se
protégeait de parapluies, c’est assez inhabituel sur le chemin.
Une boulangerie-épicerie est
ouverte à Lelin-Lapujolle. Ca tombe bien, hier c’était dimanche et les commerces
de Nogaro étaient fermés.
On rencontre une fois de plus
Agnès et David, et on fait une pause en leur compagnie, près d’un lavoir construit en 1867 à l’entrée de Barcelonne du Gers.

On reprend la route, (ça sera de la route jusqu'à
l’arrivée), on quitte le Gers pour les Landes, et on rattrape Luis avec qui on finira le parcours jusqu’à l’office du tourisme qu’on trouve à l’entrée de la ville.
Il est 14h30, le temps s’est mis au beau, on accompagne Luis vers le gîte communal. Nous, nous sommes logés à l’Hôtel de la paix que l’on nous avait
conseillé. C’est un gîte-hôtel, la patronne est très sympa avec les pèlerins.
Un accueil et un pot de
bienvenue sont prévus à la cathédrale pour les pèlerins, nous y passons avant de visiter Aire sur l’Adour, cette très ancienne citée romaine et le soir nous dînons dans le seul restaurant ouvert
le lundi avec les cousins de Monique qui ont fait le déplacement pour nous revoir.
8e étape : Aire sur l’Adour - Arzacq-Arraziguet 32,7
km – temps chaud – parcours facile – toujours beaucoup de bitume
Après le petit dèj, la patronne
de l’hôtel nous donne à chacun un paquet de biscuits du pays, on la quitte à 7h35 car l’étape sera plus longue aujourd’hui.
On dépasse trois jeunes allemandes déjà
vues hier sous la pluie et on est surpris plus loin par l’envol à quelques mètres
de nous d’une cinquantaine de cigognes. Elles ont tourné quelques minutes en rond avant de partir vers le sud.
Plus tard, c’est Agnès et David
avec qui on marchera jusqu’à Miramont, une ancienne bastide, que l’on retrouve. Après un passage à la boulangerie-épicerie, qui est dans le bas du village (le GR ne passe pas devant, il faut la
chercher) on fera une pause ensemble et nous partagerons le chocolat d’Agnès.
Nous reprendrons la route
séparément et nous retrouvons plus loin, Diane, Gilbert et Jacques. Nous allons tous dans le même gîte et ça serait dommage d’aller ailleurs, il est vraiment bien.
À Pimbo, l’une des plus anciennes bastides des Landes, on fait notre pause déjeuner à l’ombre près d’un
accueil pèlerin.
On y fait la connaissance de deux
couples du Rhône-Alpes qui se plaignent de leur hôte de la veille.
Il fait très chaud cet après-midi. Nous admirons le paysage et pour la première fois la vue sur les Pyrénées.
Dans l’après-midi, pendant que Monique fait la lessive,
je vais visiter le village et je rencontre à la terrasse d’un café, le couple d’Allemands déjà vu hier. Ils me racontent qu’ils sont partis à pied de Francfort et qu’ils vont jusqu’à Burgos. Des
obligations les empêchent d’aller jusqu’à Santiago cette année et ce soir ils sont en chambre d’hôtes 3 km après Arzacq.
Au Carrefour Market, je tombe sur Luis
qui fait ses courses. Il meurt de faim, il n’a pas trouvé la boulangerie à Miramont et il n’y a pas d’autre commerce sur ce parcours, il n’a rien mangé depuis ce matin.
Le soir, nous sommes une tablée
de 30, sur la terrasse du gîte. L’ambiance est conviviale. À côté de nous, un couple de Las Vegas, en face, un couple de Beley dans l’Ain, un autre de Lyon, et tous les amis déjà rencontré
ailleurs, Agnès et son mari, Gilbert, Jacques, Luis, Diane, les trois filles allemandes et quelques autres que nous ne connaissons pas. Une jeune fille et huit dames du Nord se font à manger dans
la cuisine mise à disposition.
9e étape : Arzacq-Arraziguet – Artez de Béarn
- 31 km – beau temps – parcours facile – encore et toujours beaucoup de route
On quitte le gîte à 7h30. Dès le départ, les
paysages sont beaux, on a toujours une vue sur les Pyrénées qui se rapprochent.
On marche tranquillement mais on rattrape
petit à petit Agnès et David, Diane puis Jacques et Gilbert, et les 3 jeunes allemandes.
Après la pause, on retrouve Luis avec
qui on finit le chemin jusqu’au gîte. J’aime discuter avec lui, on parle de tout, de son pays, de sa famille, et un peu de la crise, il est économiste.
On arrive au gîte de la Boulangerie,
pas fâchés d’arriver, il a encore fait chaud mais le gîte est à 800 mètres avant le centre du village. Il n’y a personne, je téléphone et on me dit de nous installer dans la chambre verte au
premier étage et Luis et Diane iront dans la chambre de cinq au deuxième.
Je vais faire un tour au village à pied. Je n’avais pas fait
attention que la dizaine de vélos dehors était à notre disposition. Et c’est bien dommage, car j’ai eu une douleur sur le coup de pied lors de ma balade.
Quand je suis rentré, on a vu arriver Agnès
et David qui ont eu droit à la chambre bleue puis les deux couples du Rhône Alpes qui sont montés dans la chambre de quatre qui restait. Ils nous le diront gentiment plus tard, mais c’est eux qui
auraient dû être dans les chambres individuelles qu’ils avaient réservé.
David qui est musicien dans un groupe
de jazz était content de trouver un piano, il nous a joué du jazz dans le gîte, ça a été un moment bien sympa.
Une charmante jeune femme est
arrivée et nous a proposé bains de pieds et massages dans son cabinet attenant au gîte. On à tous dit oui, ca a encore été un moment très a gréable, d’autant plus que mon pied avait commencé à enfler et que le massage m’a fait le plus grand
bien.
David qui avait mal aux pieds lui
aussi est parti à la pharmacie du village avec Agnès. Ils en ont profité pour faire des courses et ils ont mangé au gîte avec Diane et Luis. Avec les deux couples du Rhône-Alpes, François,
Jacques, Josy et Andrée, nous sommes allés à l’Auberge du Bourdalet à un bon km et demi avec les vélos du gîte. Je ne vous raconte pas les vélos, pas de freins, les roues voilées, dégonflées, pas
de lumière, bref très dangereux...
Mais bon, on y est arrivé et on a
bien rigolé à l’auberge.
Le patron et son employé,
deux gays, étaient complètement bourrés. Le patron qui servait, un peu moins que l’autre heureusement. Le repas ainsi que le Jurançon servi en apéritif et le vin rosé à table étaient malgré tout
très bons.
10e étape : Arthez de Béarn – Navarrenx
- 32,2 km – temps très chaud - encore et toujours beaucoup de route
La journée s’annonçait mal,
j’avais le pied enflé et il fallait déjà faire les 800 mètres pour aller prendre le petit-déjeuner à la boulangerie. On était dans la cuisine servi par le patron, avec du pain frais, des
viennoiseries et gâteaux à volonté, super petit-déjeuner !

À 7h45, on quittait la
boulangerie, l’étape allait être longue. J’avais de plus en plus mal au pied, mais je n’avais pas d’autre choix que d’avancer. On s’est arrêté pour se restaurer à côté de l’église
Saint-Jacques-le-Majeur à Sauvelade.
Il y a un bar épicerie à côté, mais les gens ne sont vraiment pas sympas et ne
veulent pas qu’on s’installe à leurs tables si l’on ne consomme pas chez eux.
Agnès et David arrivaient
lorsque l’on s’en allait. Ils ne sont pas dans le même gîte que nous ce soir, ni Diane, ni Luis, ni Gilbert et Jacques qui vont tous au gîte communal.
Si j’avais su, c’est
celui que j’aurais choisi, car j’ai trouvé long les soi-disant 1,5 km qui séparent le gîte Charbel du Chemin. 32,2 + 0,8 + 1,5 = 34,5 km c’est au minimum le chemin fait aujourd’hui par une très
forte chaleur et un tendon douloureux depuis le départ.
Pour le gîte, rien à dire. On est accueilli avec le sourire et un jus de fruit. Le gîte est vraiment très
bien, la patronne et sa fille très sympas.
Nous sommes dans une chambre de
quatre avec Madeleine et sa fille Stéphanie d’Annecy. Dans le gîte sont là aussi : Francois et Josy, Jacques et Andrée, un groupe de quatre femmes, un autre de trois femmes et deux autres
couples.
La patronne, très gentille,
me propose de m’emmener à la pharmacie de Navarrenx pour soigner mon pied douloureux et enflé. Madeleine et Stéphanie profitent du voyage, car de toute façon nous dînons tous en ville ce soir au
restaurant de Jean-Pierre. La pharmacienne me propose des compresses de voltarène, j’en mets une aussitôt espérant un mieux pour demain mais tout le monde me le dit : « tu ne dois plus
marcher ». Et je crois qu’en effet je ne peux plus marcher. Alors je contacte « le bus magique » pour me faire transporter demain.
Jean-Pierre, patron du
resto « bar du centre», a été chercher les autres pèlerins au gîte pendant que je visitais la ville et prenais des photos de la fontaine souterraine militaire, de l’église et de quelques
beaux monuments. Au resto, on a très bien mangé et Monique, la femme du patron, nous a raconté la riche histoire de la ville de Navarrenx et de sa région. C’était très
intéressant. Jean-Pierre nous a ensuite ramenés par un petit détour pour nous faire découvrir la porte de Navarre.
11e étape : Navarrenx – Aroue - 18 km – temps
chaud – parcours facile
Je regarde tout le monde
partir. Monique part à 7h45, je traîne un peu et reprends du café. J’ai le temps de visiter le parc du gîte avec sa piscine et son étang très bien arboré, très joli. Mon « bus magique »
n’arrive qu’à 11h20.
Bien sûr, le transporteur
s’arrête dans une bonne dizaine de gîtes sur le parcours pour prendre ou déposer les sacs de ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas porter de gros sacs mais j’arrive au gîte Bohotegia à 12h10.
Je suis ici en Pays Basque.
Je m’installe à la
terrasse et Mme Barneix, une femme âgée très gentille, m’offre une boisson lorsque Monique arrive à 12h15. On prendra notre repas ensemble à l’ombre de la terrasse. Monique me raconte son
parcours qui a été ombragé sauf la dernière partie sur la route. Dans le gîte, nous seront neuf, en bas trois couples d’Orléans et à l’étage, un homme seul et nous deux.
On a tous mangé
ensemble, le repas du soir typique de la gastronomie Basque, était très copieux comme le petit-déjeuner. Le matin, la patronne met à notre disposition des fruits, des œufs durs, de la charcuterie
et d’autres produits locaux pour notre repas de midi.
Le lendemain
matin, mon pied avait doublé de volume, enflé jusqu’aux orteils. Mme Barneix, m’a proposé une poche de glace et m’a offert un panier garni pour midi avant que je parte.
12e étape : Aroue – Ostabat - 30 km – temps très
chaud – parcours facile en partie ombragé
L’étape étant
longue et la chaleur ne faiblissant pas, tout le monde dans le gîte souhaite prendre aujourd’hui la variante qui fait gagner un bon 1,5 km et qui passe par Uhart-Mixe. Monique reprend le chemin à
7h30, je devrai attendre le bus magique jusqu’à 10h45.
Comme la veille, le
chauffeur s’arrête dans différents gîtes et peu avant midi, il me demande si ça ne me dérange pas qu’il fasse une pause. Il s’arrête à l’auberge Duhalde appelée aussi gîte de l’escargot à
Uhart-Mixe.
Quelle surprise de
voir à la terrasse, Monique qui a commandé une soupe pour midi. À côté d’elle, Agnès, David, Jacques, Francois, Josy et Andrée, tous déjeunent ici. Je leur tiens compagnie en buvant un café et
en attendant mon chauffeur.
La part de
soupe maison à 3 euros est plutôt copieuse, un saladier par personne, et les patrons de ce gîte-auberge sont très sympathiques.
Je les quitte, un peu
nostalgique de ne pas être avec eux sur le chemin. Le chauffeur me dépose vers 12h30 devant ma voiture à Saint-Jean Pied de Port.
Je reviens en voiture
à Ostabat où nous dormirons à la ferme Gaineko Etxea. On devine facilement avec ces noms que nous sommes en Pays Basque. Les amis, Gilbert et Jacques qui n'ont pas dormi à Aroue sont déjà là et
attendent l’heure d’ouverture du gîte à 14h30.

Monique arrive à 14h00, elle a bien marché. Les autres
arrivent tous entre 15h et 18h. Nous sommes à nouveau dans la même chambre que Madeleine et Stéphanie, les Annéciennes.
Trois des quatre principaux
chemins de Compostelle se rejoignent ici à Ostabat. À partir d’ici, il y a plus de monde sur le GR65 qui est le même chemin pour tout le monde.
Nous sommes 45 à table, tous les gens qu’on connaît sont ici, en dehors de Diane et de Luis.
Dommage pour eux, ils ont raté
une ambiance musicale très festive pendant le repas. Bernard, le patron, nous a fait chanter des chants basques et français toute la soirée. Nous avons ici aussi goûté aux spécialités
Basque, comme ce fromage à la confiture de mûres très bon. Le gîte est moderne, propre et bien équipé avec une belle vue sur les Pyrénées.
13e étape : Ostabat – Saint-Jean Pied de Port - 22,4 km
– temps agréable sans soleil – parcours assez facile
L’étape est
courte aujourd’hui, Monique ne part qu’à 7h45. Je prends mon temps et vais visiter le village d’Ostabat, nous sommes en Basse-Navarre, les maisons sont typées, je photographie l’église puis je
pars tranquillement avec ma voiture jusqu'à Saint-Jean pour attendre Monique.
Je vais visiter la
ville que je commence à connaître, puis la citadelle et je décide de l’attendre vers la porte Saint-Jacques à l’entrée de la vieille-ville. Elle arrive à midi, elle a encore marché à un bon
rythme aujourd’hui.
Après le repas dans
un petit resto en face de notre gîte qui n’ouvre qu’à 14h, nous nous baladons un peu et voyons arriver Luis, le couple d’Allemands, Jacques, François et leurs épouses, les trois couples avec nous
à Aroue et d’autres pèlerins que l’on connaît.

Puis nous retrouvons
Danielle, la patronne du gîte qui voit mon pied avec un pansement de voltarène et me propose un massage avec de l’huile essentielle de gaulthérie qui est antalgique et anti-inflammatoire.
J’accepte avec plaisir le massage, ma cheville est toujours enflée, elle pense à une périostite.
Après le
massage, je vais tout de suite mieux et je suis son conseil, « repos », car demain, je tiens à faire la mythique étape de Roncevaux avec ses 27 km et ses 1300 mètres de dénivelé. Je
sais que mon pied en souffrira mais c’est la dernière étape cette année, alors tant pis.

Au gîte nous sommes avec Diane, deux
autres canadiennes qui ne se connaissent pas, un couple d’Irlandais, un Belge et une Australienne. Après l’excellent repas comme toujours à l’auberge du pèlerin, je vais faire un tour dans la
ville et rencontre François, Josy, Jacques et Andrée, nous échangeons nos adresses pour l’envoi de photos faites ensemble lors de nos diverses rencontres. Leur chemin s’arrête ici pour cette
année.
14e étape : Saint-Jean Pied de Port – Roncevaux -
27,1 km – temps frais le matin, puis agréable en raison de l’altitude – parcours difficile peu ombragé
Nous voilà partis
pour la dernière étape à 7h30, nous sommes sur le pont de la Nive à 175 mètres d’altitude, il fait encore nuit et frais, nous faisons une halte à la boulangerie pour des petits pains et des
sandwiches pour midi.
Il y a déjà du monde dans la rue.
Les statistiques de l’accueil de Saint-Jean disent que 73 % des pèlerins partent d’ici pour aller à Compostelle. Devant nous, des Coréens, des Américains et des tas d’autres nationalités à
l’assaut du col de Lepoeder. Ça monte dès le départ, nous faisons les premiers kilomètres avec Gilbert et Jacques, la vue est de plus en plus belle, le brouillard n’est pas encore levé sur la
plaine.

À 9h20,
nous sommes à Orisson à 770 mètres. Un bar auberge avec de nombreuses tables nous tend les bras. Ca monte raide depuis plus d'une heure et ça fait du bien de se poser un peu. Nous faisons notre
première pause, commandons deux cafés et sortons les petits pains. Nous pensons à Diane qui comme d’autres, fera étape ici pour monter sur deux jours.

Plus haut on rattrape les trois couples d’Orléans qu’on connaît,
puis le couple breton, puis encore les Lyonnais. À chaque fois, une pause ou un bout de chemin avec eux et on reprend notre rythme.
À 13h, nous
sommes au col de Lepoeder à 1429 mètres. C’est là, avec une vue sur l’Espagne, qu’on fera notre pause casse-croûte.

La descente qui suit
est assez raide pendant quelques centaines de mètres mais totalement à l’ombre.
À 14h15, nous sommes
déjà à Roncevaux. Nous faisons tamponner nos créanciales avant de nous mettre à la terrasse d’un café pour attendre Marie-Claire et Dominique, les cousins avec qui nous passerons une agréable fin
de journée.
Ma blessure, une ténosynovite de l'extenseur du commun
des orteils, passera avec un peu d'homéopathie et quelques jours de repos.

Le cheminement a été une fois
encore à l’image de la vie, avec ses épreuves et ses bonheurs mais surtout ses rencontres et nous sommes un peu tristes que notre chemin soit déjà terminé pour cette année.