2010 - Nasbinals à Moissac

Publié le par Claude

  trace80x80          Nous étions pressés de revenir en 2010 pour continuer le chemin. Nous avons choisi de le faire dès le mois de juin et de faire 306 km en 13 étapes cette année. Nous ne sommes pas encore en retraite, sinon c'est certain, nous irions jusqu'à Saint-Jacques d’une traite.

          Le 14 juin, nous prenons la route pour Moissac. Nous passons la nuit à l'ancien Carmel qui est un lieu d' hébergement et d'accueil en chambre de 2. Il est gèré comme un centre de séjour, on y est très bien accueilli et il n'est pas très cher. Les pélerins avec qui nous avons mangés dans la soirée, venaient de marcher 15 jours sous la pluie, quelquefois dans 20 centimètres d'eau et nous appréhendions ces conditions, la météo n’étant toujours pas très optimiste.

           Cette année nous avons décidé de laisser notre voiture à l’arrivée et de nous faire ramener au point de départ. Nous allons donc à Nasbinals, là où nous nous étions arrêtés l'année dernière. La navette de "La Coquille" nous emmène jusqu’à Conques et de là, "La malle Postale" nous transporte à Nasbinals où il ne fait que 8° en plein milieu de l'après-midi. Au passage, je ferai quelques photos de la belle ville médiévale de Conques et de l’abbatiale Sainte-Foy. 

Pour Changer, nous avons pris un autre gîte à Nabinals, le gîte Nada. J’avais vu de bons commentaires sur le net mais je vous le déconseille. L'accueil est sympa mais l'état vétuste et il y a trop peu de douches et de toilettes pour le nombre de personnes hébergées. De plus, ni repas ni petit déjeuner.

                     Carmel de Moissaccarmel de Moissac

         

  1 ère étape 2010 : Nasbinals – Saint-Chély d’Aubrac  - 17 km - pluie tout le long, parcours assez facile

          Départ à 8h15, arrivée à 12h30, on a pas trop trainé en chemin, sous la pluie on ne voit rien et les chemins sont très glissants après 3 semaines de pluie, nous pataugions dans la boue. Les chaussures neuves de Monique ne seront pas restées propres longtemps. 

          La première étape est volontairement courte car nous sommes peu entrainés cette année et nous irons donc progressivement jusqu'à 31,5 km pour la plus longue.

          Le chemin passe sur les "drailles", ce sont les pistes de transhumance utilisées par les troupeaux qui viennent sur la montagne. On rencontrera souvent les troupeaux de vaches d'Aubrac, bien différentes de la Montbéliarde. Nous traverserons les petits villages d'Aubrac à 1300 m d'altitude et de Belvezet avant de rejoindre St-Chély d'Aubrac.

                      Saint-Chély d'AubracSt-Chély d'Aubrac

          Au gîte Saint André à St-Chély d’Aubrac, les propriétaires vraiment très sympas nous ont ouvert bien avant les 15h00 prévus car nous étions trempés et il ne faisait pas bien chaud. Ce gîte est réellement très bien, très chaleureux, je le conseille vivement. Nous avons partagé notre chambre avec 2 frères Parisiens dont l’un avait 73 ans. Ils allaient du Puy en Velay jusqu'à Conques par de petites étapes. 

           Le repas était excellent, nous avons sympathisé avec d’autres couples et 6 filles de la région Parisienne.       

 

2 ème étape :  Saint-Chély d’Aubrac – Espalion  - 24 km - temps frais couvert, léger soleil, parcours assez difficile si l’on passe par la vierge, sinon facile.

          Départ 8h25, arrivée à 14h20. Le temps était avec nous, il ne pleuvait plus et ça nous redonnais du baume au coeur.

          On a quitté les plateaux de l'Aubrac pour rejoindre la vallé du Lot en traversant des forêts de hêtres et de chataigniers. Il y avait assez peu de dénivelé jusqu'à Saint-Come d'Olt. Mais ensuite un choix, le vrai chemin qui monte beaucoup et passe par la vierge de Vermus ou la variante qui fait gagner 2h00 de marche en longeant le Lot sur la route.

          Un panneau l’indiquait et tout le monde le disait, évitez de monter à la vierge, c’est dangereux par temps humide. Eh ben nous même pas peur, on y est allé ! Bon c’est vrai, c’était galère, ca montait bien raide et c’était boueux et glissant sur les pierres et les racines et puis ca montait encore et encore. Evidemment, nous n’avons rencontré personne ni en montant ni en redescendant de l’autre coté. Mais de la haut quelle belle vue, d'un coté sur Saint-Come d'Olt et de l'autre sur Espalion. Quelques prises de vues et une photo de la sainte-vierge et nous sommes redescendus en direction d'Espalion. 

                 Chemin d'espalionChemin d'Espalion 2

           Peu entrainé cette année, je sentais déjà en marchant une douleur dans les mollets, douleur vive proche de la déchirure. On allait peut-être un peu vite alors, j’ai donc été prudent, je n’avais pas envie d’en finir aussi vite avec le chemin.

          Espalion est une belle petite ville avec de nombreux monuments classés, des musées et un passé chargé d'histoire.

          Après la douche et une visite de la ville, petit resto puis nuit au gîte communal, c’était très bien et ils servent le petit déjeuner. Il y avait avec nous un couple de femmes, 2 belles-sœurs l’une du Havre l’autre de Chartres que nous avons revues ensuite à plusieurs étapes.

 

3 ème étape  Espalion – Golinhac  - 28 km – temps couvert, pluie fine par moment , dénivelé positif de 750 mètres, l’étape la plus difficile à mon avis.

          Il est 8h20 et les pharmacies sont encore fermées, tant pis. La douleur vive dans mes jambes est toujours présente à chaque pas, je marcherai aujourd’hui à un rythme tranquille mais il me faut trouver quand même une pommade efficace.

          En moins d'une heure, nous sommes à l'église Saint-Pierre qui cache en son clocher une étonnante chapelle romane, puis on monte par des sentiers raides puis en lacets puis raides, sur chemin caillouteux. On descend enfin pour arriver à Estaing. La ville est très belle, comme beaucoup, nous quitterons le GR et traverserons le pont sur le Lot pour aller rive droite dans la ville. Un petit détour heureux, il y a une pharmacie ! Après une brève visite de la ville, on se ravitaille à la boulangerie pour le pique-nique et avalons rapidement un petit pain. Je m'applique une bonne couche d'anti-inflamatoire sur les mollets et on reprend la route.

           On grimpera encore pour passer des 320 m d'altitude d'Estaing au 650 m de Golinhac en passant par Montégut, le Mas et Massip.

           Il est 15h00 quand nous arrivons au gite, on a bien marché quand même malgré le temps et le dénivelé.  Nous dormons au gîte communal en chambre de 2, très bien, avec une vue magnifique.

          Gîte communal de Golinhacnotre gite à Golinhac

          En demi-pension, le repas se prend au restaurant du village dans un cadre agréable. A table nous étions avec les 2 belles-soeurs rencontrées la veille, les 6 parisiennes de Saint-Chély, un couple du nord, un autre de Montpellier.

          Ces 2 couples étaient déjà dans le même gîte que nous à Saint-Chély.

 

4 ème étape :  Golinhac – Conques - 25 km – temps couvert, parcours pas trop difficile mais beaucoup de route.

          Départ 8h20 , arrivée 13h20.

          Le chemin traverse les beaux villages d’Espeyrac et de Sénergues. A l'entrée d'Espérac, encore une vieille croix en pierre, le chemin de Compostelle est balisé de croix en pierre, en fer, en bois. Au loin, on voit le village de Senergues et son château. Pour les voir de près, il faudra monter et monter, je m'en souviens encore très bien. 

          L’arrivée sur Conques se fait par un sentier abrupt qui descend sur près d’un kilomètre.

          Conques est un très beau village médiéval, classé parmi les plus beaux villages de France.     

          Nous étions arrivé assez tôt pour visiter et profiter avec un groupe de touristes des explications sur le tympan de l’abbatiale Sainte Foy.  C’est à l’abbaye chez les prémontrés que nous avons dormi. Plus de place dans les petites chambres, il ne restait que les dortoirs. Nous étions 14 dans le notre, pour s’endormir mieux vaut prévoir des boules Quiès. Dans le réfectoire, 69 à table ca fait aussi du bruit. Avant de manger, un prêtre nous a fait chanter la chanson " Ultreia" affichée sur un grand tableau dans une langue étrange. La soupe était bonne, mais pour la convivialité rien ne vaut les petits gites ou l’on se retrouve à 10 ou 12. Après le repas pris en compagnie de nos amies les belles-sœurs, Monique est allée assister à la bénédiction des pélerins, puis dodo et lever à 7h00 pour le petit déjeuner.

Conques 5

          Pendant la bénédiction, je me suis baladé et j’ai fait la connaissance de Thomas, qui fait le chemin avec son chien un Presa Canario. Parti de Haute Savoie sans argent, il a mis 3 mois pour arriver à Conques. Même sans un sous, il y est bien accueilli et nourri par l’abbaye qui lui demande un peu d’aide en contrepartie.

          Thomas à la particularité d’être né à Saint-Jacques de Compostelle. Son père faisait le camino Francès et sa mère enceinte était allé le rechercher à Saint-Jacques. Il m'a montré toute une collection d’articles de journaux et de photos de ses parents qui parlent de cette naissance. 

 

5 ème étape :     Conques – Decazeville - 20 km – temps ensoleillé mais froid. Parcours assez  facile une fois franchie la montée à la sortie de Conques.

          Parti à 8h15, on a rattrapé sur le chemin toutes les personnes qui se trouvaient dans notre dortoir à l’abbaye. Il y avait Eva une jolie suédoise, Patrick d’Amiens, Sonia et Eliane de Lausanne, 5 femmes de Dunkerque, Thérèse et Monique d’Hazebrouck, Colette de Lille et un tas d’autres mais ceux que je cite, nous les avons tous retrouvés plusieurs fois les jours suivants et sympathisé avec eux.

           Paysage sur le chemin de DecazevillePaysage entre Conques et Decazeville           Malgré les beaux paysages qui jalonnent le parcours aujourd'hui, nous avons trouvé longue l'arrivée sur Decazeville, ville toute en longueur et bien sur, le gîte est à l'autre bout. Au gîte "les volets bleus", nous étions très en avance et c’est Josée une canadienne du Québec très sympa, qui nous a accueillis. Elle avait fait une étape de 10 km tranquille, pour a t'elle dit que son âme sœur rencontrée sur le chemin puisse la rattraper très vite.

          Nous étions une douzaine "aux volets bleux" et la propriétaire à décidé de nous faire un repas le soir, ce qui n’était pas prévu. A table on retrouvait Josée, Patrick, les 2 belles-sœurs , un groupe d’amis et Colette enrhumée, qui s’inquiétait de savoir si elle avait ronflé à Conques, elle était dans le lit à coté du mien.

          Le lendemain matin en prenant notre café, nous disions au revoir à Colette qui voulait faire de plus petites étapes et aux 2 belles-sœurs qui en finissaient ici avec le chemin, le travail les attendait.

 

6 ème étape  Decazeville – Figeac - 29 km – 7h20 - temps ensoleillé mais encore frais – une belle montée à la sortie de Decazeville puis parcours facile.

          Vu la distance un peu plus longue, on a fait un effort pour nous lever plus tôt et partir à 8h00.

          Comme toujours ça commence par une montée jusqu'à Saint Roch, avant de redescendre sur Livinhac le haut. La région est très belle et nous n'en voudrons pas au GR 65 de faire des détours pour éviter les excès de goudron. Sans trop nous en rendre compte, on passe du département de l'Aveyron à celui du Lot. On traverse avec plaisir les petits hameaux avant de descendre ensuite vers Figeac, la première ville importante depuis le départ.

          A Figeac, le gîte Célia nous attendait, situé dans le centre historique, une maison de ville retapée par un ancien pèlerin pour en faire un gîte d’étape. Nous étions seulement 2 couples avec des chambres individuelles. Après une visite de la ville, un café à la terrasse de la place principale et quelques courses pour le repas de midi du lendemain, nous avons trouvé un petit resto sympa sur une place ou des ados jouaient de leurs instruments, nous étions le 21 juin, jour de la fête de la musique.

                                    Gîte CéliaGite Célia

 

7 ème étape   Figeac – Cajarc  - 31,5 km – départ 7h40 – Beau soleil – encore une belle montée à la sortie de Figeac puis parcours assez facile.

          Rocamadour jolie ville connue est sur une variante du chemin de Compostelle mais nous préférons rester sur le GR 65. Il change et devient différent avec ses murets de pierres sèches, ses rochers un peu partout dans les prés, ses cazelles et quelques dolmens sur le parcours. Faycelles, Béduer, Gréalou, chacun des villages traversés à ses charmes et ses curiosités.

          A 15h30 en arrivant au gîte communal de Cajarc, il faisait beau et chaud. Eva la belle suédoise cherchait le code d’entrée en arrivant. Un peu troublé, je lui expliquais qu'il fallait d'abord passer par l'office de tourisme.

   descente sur cajarc       La pommade était efficace et mes mollets allaient beaucoup mieux, mais Monique avait mal depuis 2 jours au tendon d’Achille coté droit. Les descentes un peu raides avaient réveillé une douleur assez récente, souvenir des semi-marathons. Alors un passage une fois de plus à la pharmacie était nécessaire pour du paracétamol. André, un Mulhousien lui a donné son tube de Voltaren, son tendon à lui allait déjà beaucoup mieux.

          Après une bière bien fraiche en terrasse, Monique et moi avons assisté un Lyonnais en vacances et dont la femme venait de faire un malaise dans la voiture. Il était paniqué, nous l’avons envoyé prévenir la pharmacie toute proche pendant que nous pratiquions les premiers secours. Elle était inconsciente mais respirait, le temps de la sortir de la voiture et de la mettre en PLS et un médecin voisin arrivait déjà.

          Un petit tour en ville pour voir la maison natale de Françoise Sagan et surtout pour repérer la poste, j’avais mal au dos depuis plusieurs jours et j'avais décidé d’alléger mon sac à dos trop lourd et de renvoyer quelques affaires à la maison.

           Le soir on s’est tous retrouvés au même restaurant, Patrick, Eva, une Suisse Allemande, Thérèse et Monique et André. André est parti de Thann vers Mulhouse à pied un mois plus tôt. Il se levait vers 6h00 du matin et marchait entre 25 et 35 km chaque jour suivant sa forme et son envie. Quand on est seul, pas vraiment besoin de réserver les gîtes, on trouve toujours de la place.

          Dans le dortoir on retrouvait les mêmes, plus le couple de Saumur Jean-Bernard et Mireille qui était avec nous à Figeac et que nous avions vu 2 jours de suite sur le chemin. André qui lui n’avait pas réservé, se retrouvait seul dans une chambre de 4.

 

8 ème étape :    Cajarc – Limogne en Quercy - 18 km – temps ensoleillé – parcours facile.

          Une étape tranquille aujourd’hui, on a pris notre temps pour partir, quelques courses au marché, à la boulangerie et un passage à la poste pour nous délester de 2 kg qui viennent en grande partie de mon sac. Du surplus bien inutile. L'expérience de la première année ne m'a pas suffit, mais cette fois on ne m'y reprendra plus, promis. Un petit sms à Alexandre qui recevra le colis et nous voila parti, il est déjà 9h10.

          Un km et demi plus loin en haut d’une petite montée, je me rends compte que je n’ai pas mon bourdon (nom donné au bâton des pélerins).

          Un bâton offert par Alexandre, sophistiqué automatique et tout ! Impossible de l’abandonner ! Je retourne à la poste au pas de course, Monique m’attendra et gardera mon sac.

          En arrivant en ville je croise Sonia et Eliane qui partent d’un bon pas. On échange quelques mots, mais elles parlent toutes les 2 en même temps et je n’ai rien compris. Pas grave, faut que je retrouve mon bourdon alors je presse le pas. Il est là à la poste ou j’ai fait mon paquet. Plus tard, je retrouve Monique qui fait un sudoku en m'attendant au bord du GR.

          Un peu plus loin, on rattrape Eliane et Sonia, très sympas ces filles, on papotera et on fera le reste du chemin avec elles jusqu'à Limogne.

          En route on rencontre aussi nos amies de Dunkerque. On fait une petite pause tous ensemble vers un point d’eau, quelques photos souvenirs et on repart.  Après moins d’une heure on est interpellé sur le bord du chemin par Pierre qui a prévu pour nous café et tarte maison pour 1 €. On s’arrête avec les suissesses et on déguste à l’ombre. Pierre est sympa, on fait encore quelques photos, il me donne son adresse mail pour que je les lui envoie. Arrive maintenant nos dunkerquoises, rephotos et nous reprenons le chemin.

          A Limogne, il est seulement 13h40, on décide de manger sur la place près de l’église, il y a des bancs à l’ombre. Après ca, un petit café en terrasse, une dernière photo et on dit au revoir aux filles, on sait qu’on ne se reverra pas. On échange les mails, bisous et bonne route. Elles continuent  pour 10 km encore et leurs étapes suivantes ne correspondent plus aux notres.

Pause café à Limogne en Quercy

          Au gîte Les Gloriettes, c’est Mimi la belge qui nous reçois. Elle a racheté ce manoir du XVème siècle pour en faire un gîte d’étape pour pélerins. Elle nous fait visiter son jardin, magnifique. Comme beaucoup d’hôtesses de gîte d’étape, elle aussi a fait le chemin de Compostelle. Quand on voit arriver les dames de Dunkerque un peu plus tard dans l’après-midi on est heureux de les revoir. On mangera tous ensemble à la pizzeria du village.

          En ville, on rencontre Thérèse et Monique qui se sont aussi arrêtées à Limogne mais dans un autre gîte.

 

9 ème étape :    Limogne en Quercy – Lalbenque  - 22 km - grand soleil – parcours très facile et ombragé.

          Départ à 8h25, on retrouve sur le chemin Thérèse et son amie Monique qui a mal partout. Monique envisage d’arrêter, elle n’était pas préparée et n’a pas l’habitude de marcher. Thérèse elle, marche toujours 100 mètres devant.

          Plus loin c’est Jean-Bernard et Mireille que nous rencontrons une fois de plus. Nous sommes décalés et n’avons plus les mêmes étapes.

          Sur un vieux pont en pierre qui traverse un ruisseau, on retrouve un couple de Mulhouse Daniel et Geneviève avec qui nous avons fait connaissance la veille sur le chemin. Ils photographient tout ce qu'ils voient. En juin tout est fleuri et la flore est riche dans ces régions.

          Nous sommes dans les Causses du Quercy, avec ses paysages vallonés. On est surpris par les plantations de chênes truffiers qui sont toutes très bien cloturées. On en voit partout. C'est la région de la truffe. On fait d'ailleurs étape à Lalbenque, capitale de la truffe noire du Quercy. Le champignon si convoité pousse sur les racines de ces chênes. Le cavage (recherche de truffes) se fait à l'aide de gorets ou de chiens dressés. On n'aura pas l'occasion d'y goûter, la saison de la truffe étant de décembre à mars.

          Malgré les pauses pour musarder un peu, à 13h45 nous étions arrivés au gîte Poudally. Très bien ! Accueil très sympa d'Elsa avec une boisson fraiche aux plantes, gîte confortable et bonne table. La chambre de 2 que nous occupions n’avait rien à envier à certaines chambres d’hôtes pourtant beaucoup plus chères.

                                 Gîte PoudallyGite Poudally2

          Dans l’après-midi arrivent Geneviève et Daniel et un peu plus tard, Monique, Michelle, Francine, Ginette et Sylvie, les dunkerquoises.

 

10 ème étape :     Lalbenque – Domaine des Mathieux  (commune de Labastide-Marnhac) - 24 km – grand soleil très chaud. Une longue descente avant Cahors et une belle montée à la sortie de la ville, le reste assez facile.

          Le chemin est à l'écart des villages, ca devient plus désertique et monotone, c'est assez propice à la réflexion. Mais pas d'ombre, même en cherchant loin et on attend la descente prévue avant Cahors. D'en haut on a une belle vue sur la ville et le célèbre pont Valentré.

          Partis à 8h10, nous sommes arrivés à Cahors vers midi et avons cassé la croute sur un banc sous le pont Louis Philippe. Sur le pont, un point info pèlerins est installé dans un ancien octroi. Les 2 dames bénévoles étaient très sympas, elles nous ont servi à boire et ont tamponné nos créanciales. Elles nous ont aussi donné 2 gros cailloux que nous devions remettre symboliquement plus loin dans un endroit que nous n'avons pas vu et du coup nous avons transporté nos cailloux jusqu’au gîte des Mathieux. Comme si on avait pas assez lourd sur le dos !

          On traverse le pont Valentré et là, Francine nous avait prévenu, la montée après Cahors est difficile. De grosses marches à passer et un sentier assez raide mais heureusement pas trop long. Chemin à la sortie de Cahors

           Au dessus on retrouve Mireille et JB, ils font une petite pause à l'ombre d'un arbre. Partis de Varaire, ils vont aujourd'hui jusqu'à Lascabane.

          Il fait chaud, très chaud ce jour là, beaucoup de route et peu d’ombre. On a trouvé long les derniers kilomètres sur la route avant le gîte et on s’est mis à plaindre Mireille et JB qui devaient faire une douzaine de km de plus que nous sous le soleil de l’après-midi. Heureusement, le tendon de Monique ne la faisait plus souffrir mais c'était maintenant la plante des pieds qui me faisait mal, une bonne partie du chemin se faisant certains jours, sur le bitume des petites routes de campagne.

           A 14h20 la piscine du domaine nous tend les bras. Crihsa, une hospitalière nous offre une boisson bien fraiche, on en avait bien besoin. Elle nous installe dans une chambre d’hôtes très belle. Mais après la visite du gîte, les dortoirs étant très bien aménagés avec des séparations, on y aurait été tout aussi bien.

          Après la douche et le bain de pied dans la piscine un peu fraiche, on voit arriver Dunkerque tout sourire avec Michel un Québécois rencontré à l’octroi de Cahors.

          A table, on fait mieux connaissance avec Michel du Québec et d’un couple sympathique d’Alès. On les avait dépassés 2 ou 3 fois sur le chemin sans prendre le temps de beaucoup parler avec eux. Il y a aussi un Allemand qui fait le parcours en vélo mais il ne parle pas un mot de francais et il est forcément un peu à l'écart des conversations.

 

11 ème étape :     Domaine des Mathieux - Montcuq  - 26 km – très chaude journée – parcours facile

          La chaleur de la veille nous a encouragés à nous lever et à partir plus tôt ! Donc après le petit déj, on a fait nos adieux aux 5 filles, car une amie peu habituée à la marche devait se joindre à elles et elles avaient décidé de faire des étapes plus courtes à partir de cet endroit. A 7h40 nous avions le sac sur le dos et reprenions le chemin. Il faisait très bon à cette heure-ci. Michel rattrapé peu après à fait la moitié du parcours de la journée avec nous, ce qui nous a donné l’occasion de faire des comparaisons entre le Québec et la France. En plus de la richesse de ces échanges, on ne voit pas le temps passer.

          Sans trop nous en rendre compte, on traverse le Quercy moins austère que les Causses, ou s'étalent les vignes sur des pentes en gradins.

          On arrive dans Montcuq à 14h05. "Le Souleillou" nous attendait, très bon accueil, chambres de 2 confortables, et bons repas servis à table. Après une journée encore plus chaude que la veille et un parcours peu ombragé, la douche à été très appréciée. Après un demi bien frais en terrasse nous avons fait le tour de Montcuq (bon je sais, elle est connu celle là) une belle petite ville avec son donjon du XII ème siècle et nous sommes retournés au gîte ou nous avons retrouvé Michel le Canadien, mais aussi Mireille et Jean-Bernard les Saumurois.

                           Gite le SouleillouGite le Souleillou à Montcuq

          Un couple d’allemand s’est installé sur le terrain du gîte qui fait aussi camping et a dormi sur des hamacs à la fraicheur de la nuit.

          Mireille a profité de Montcuq (bon ok, j'arrête) pour écrire et envoyer ses cartes postales. A table se sont ajoutés à nous un autre Michel de Lille, une Michelle de Carcassonne et Steven un Australien parti de Constance en Allemagne 40 jours plus tôt.

 

12 ème étape :    Montcuq – Durfort Lacapelette - 26 km  - très chaud – parcours assez facile et assez bien ombragé sauf sur la  fin.

          Ultreïa ! De plus en plus fort et de plus en plus tôt ! A 7h00 le départ, en même temps que Mireille, JB et Michel, aujourd’hui, on fera tout le chemin ensemble.

          Monique et moi nous prenons à rêver qu’à la retraite venue, nous pourrions tenir un gîte d’étape pour pèlerins. Alors on regarde les maisons et bâtiments à vendre le long du GR. L’ambiance du chemin, la sympathie de tous nous plaisent bien et ce travail nous parait plutôt agréable.

          Sur cette étape au niveau de Montlauzun, on quitte le Lot pour le Tarn et Garonne, mais nous sommes toujours dans le Quercy. 

      cerises sur le chemin de Durfort    On arrive à Lauzerte belle ville médiévale, un passage à la boulangerie et on repart sous le soleil, on prend quelques photos de la ville perchée sur une colline. Un bon kilomètre plus loin on se pose à l’ombre pour la pause pique-nique. Quelques photos souvenirs de plus et on repart sous le soleil. Nous étions heureux de traverser des vergers de cerises, puis d'abricots et de pêches.  

          On arrive au pigeonnier du Figué-Haut de Mme Pelrat. Elle n’est pas là à notre arrivée mais a laissé des petits mots, Monique et Claude chambre 2, installez-vous, servez-vous à boire,  etc…  Pendant que Michel s’endort sur un transat, nous prenons une douche et faisons sècher les affaires. Le gîte a une piscine mais nous n’osons pas y aller. Mme Pelrat arrive et s’excuse, on devra se faire à manger tout seul, elle a une réunion importante. Il y a tout ce qu’il faut dans le frigo, la soupe est prête et elle dépose sur la table 1,5 kg de saucisses de Toulouse à faire cuire au barbecue.

          Jean Bernard est un pro du barbecue, après un démarrage difficile du charbon de bois , les saucisses cuites à point étaient excellentes. Michelle de Carcassonne et Michel de Lille avaient choisi eux aussi ce gîte et étaient encore à table avec nous. On se connaît tous de mieux en mieux et on échange nos adresses mails.                                              

                   Une cazelle                                                        Un pigeonnier

Cazelle             Pigeonnier

13 ème étape : Durfort Lacapellette - Moissac 16 km - journée ensoleillée moins chaude - parcours facile.

          Cette dernière étape ne sera pas trop longue et ça tombe bien, parce qu’à l’arrivée nous reprendrons la voiture et partirons directement pour quelques jours dans les Landes.

          Après le petit déj, on dit au revoir à Mireille, JB et Michelle et Michel et à 7 h45 on attaque le chemin une dernière fois cette année en compagnie du québécois, le 3ème Michel.

          On traverse des vignes et des vergers qui s'étendent à perte de vue. 

          A 11h30, on est déjà dans le centre de Moissac. Un passage à l’office du tourisme pour faire tamponner nos passeports de pèlerins, puis l'envie nous prend d'un petit café en terrasse avant de quitter Michel.

Moissac 4

         Après le café et les adieux, visite de l’abbatiale et surprise, on tombe nez à nez avec Eva et Patrick en ballade dans la ville, ils se sont pris un jour de repos ensemble.

          Arrivé au Carmel où on avait dormi 15 jours plus tôt et laissé la voiture, on fait retamponner nos créanciales, ce tampon marquera la fin de notre périple 2010.

          Eliane et Sonia nous ont donné de leurs nouvelles, elles ont trouvé cette expérience extraordinaire, et nous ont appris qu’elles avaient fait le chemin jusqu'à Lascabanes avec Patrick, où ils y avaient retrouvé Eva.

          Michelle de Carcassonne a arrêté le chemin à Auvillar, 20 km après Moissac suite à une sérieuse infection dentaire, elle reprendra d’où elle s’est arrêtée dès le mois de septembre. " J'ai des regrets partout et je ne regrette aucune de mes rencontres. Mettre un pied devant l'autre peut se faire, et se poser près des gens qui restent sur le bas-côté, c'est aussi ça le chemin.  Qu'importe d'arriver à Santiago, même dans des années, car je sors riche de ces connaissances. On ne marche jamais vraiment seul, je suis si entourée que c'est un plaisir."

          Les dames du nord sont elles arrivées à Moissac un jour après nous et ont retrouvé Dunkerque dès le lendemain.

          Michel le quebecois est arrivé à Saint-Jean Pied de Port le 6 juillet. Il a visité la ville avec un compatriote rencontré la-bas et nostalgique de terminer une aventure aussi belle, il est reparti en train pour rejoindre Lyon ou l’attendait l’avion qui l'a ramené au Canada le 8 juillet. Son but était de découvrir l’esprit du chemin, ça sera chose faite.

          La richesse du chemin tient davantage aux rencontres qu'à tout le reste. Rentrés dans le quotidien, on vit encore dans l’esprit du chemin, si différent. Difficile de se reconnecter avec la vraie vie, alors on se dit qu’il faut vite y retourner et on attendra avec impatience les prochaines vacances.

 

 

  (voir les photos)

Publié dans Etapes 2010

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Christian Toureille 06/05/2011 19:41


Bonjour les pèlerins
Comme vous nous faisons le chemin par étapes:
29mai/6juin 2009, Le Puy-Conques
5septembre/13septembre 2010, Conques-Moissac
17avril/1mai 2011 Moissac/Roncevaux
Nous voici donc rentres depuis peu de cette étape
Et comme vous nous sommes enchantes par cette expérience
Et l'an prochain la camino frances
Ultreia

Bon courage et bravo


Ultreia


schira isabelle 01/09/2010 10:48


bravo on a juste envie de faire un bout de chemin avec vous!!les paysages sont superbes, les commentaires sincères et simples, du vécu en somme!!


Bernard 02/08/2010 11:03


Toujours aussi surprenant nos deux tourtereaux. Merci à vous deux de nous faire partager ces grands moments de plaisir que vous avez eu. Ces instants de douleurs, de doute et d'extase devant ces
paysages magnifiques.Les rencontres pleines d'imprevues.
Ah Monique tu es superbe déguisée en Franklin on ne te vois plus sous ton fardeau, dommage que pour effectuer ce pelerinage tu n'es pas été accompagné par Claude parce que je ne l'ai pas vu sur les
photos, a moins que comme d'habitude il se sois cacher derrière l'objectif de son appareil photos.
Toujours est-il que ce parcours pourrait donner des idées a certain.
Encore merci pour avoir pris le temps et la peine de nous avoir fait partager vos instants de bonheur en attendant la suite. Bernard.
Ah j'allais oublier, dans ton prochain voyage, n'oubli pas le décontractil!!!!!!!!!!!!!!!!............
Bisous à vous deux et à bientôt


notrechemindecompostelle.over-blog.com 02/08/2010 17:23



Ouvre les bien les yeux et tu verras que j'y étais bien !


Merci à vous 2, bisous



Noël et Chantal Bernier 31/07/2010 18:05


Bonjour Claude et Monique.

J'ai visité le blog qui relate vos exploits:( Le mot n'est pas trop fort). Il faut une volonté certaine et une condition physique au top pour boucler les étapes, dont certaines sont longues et avec
beaucoup de dénivelé. C'est vrai qu'à pieds, vous avez tout le loisir de profiter du paysages. Même avec une parfaite organisation, il doit y avoir une certaine dose d'imprévu.....Les rencontres
doivent être enrichissantes car vous êtes tous réunis dans l'effort.Nous vous souhaitons beaucoup de courage pour les deux années qui vous seront nécessaires pour accomplir votre périple.
Bises de Nous deux. Noël et Chantal.


notrechemindecompostelle.over-blog.com 01/08/2010 11:03



Merci à vous 2, je vous encourage à faire une partie du chemin, vous ne le regretteriez pas !



FRANCOIS René 31/07/2010 09:24


Salut Claude magnifique blog avec de superbes photos et rempli d'informations et de compte rendu de vos étapes. Félicitations pour le boulot accompli et je pense qu'il serait bon de mettre le lien
sur le blog de l'amicale. Amicalement René.


notrechemindecompostelle.over-blog.com 31/07/2010 16:40



Merci Réné , je vais penser à faire le lien !



labre denis 30/07/2010 22:19


salut monique et claude , félicitations , l'année prochaine vous partez de bavans jusqu'a compostel en 10 étapes .

grosses bises à vous deux nicole denis


notrechemindecompostelle.over-blog.com 31/07/2010 16:39



Ok, mais on vous emmène tous les 2 ! bisous