2009 - Du Puy en Velay à Nasbinals

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          Le chemin de Saint-Jacques de Compostelle !                               

         On y pensait depuis quelques temps déjà et puis on s’est décidé d’un coup !

         Pourquoi on l'a fait, ça on ne sait toujours pas vraiment mais peu importe, on l'a fait et nous ne le regrettons pas, bien au contraire .           

          Nous avons commencé le chemin de Saint-Jacques en septembre 2009, en partant du Puy en Velay dans la Haute-Loire, pour emprunter la via Podiensis, la plus célèbre et l’une des quatre voies les plus fréquentées. Ce chemin est un sentier de grande randonnée, le GR 65. Il est balisé sur toute sa longueur et fait l'objet d'une documentation riche et bien conçue permettant de s'y déplacer et de trouver à se loger sans difficulté.

          Il traverse de part en part le massif central et c’est certainement aussi celui qui nous mène vers les plus beaux paysages et sites architecturaux. Depuis 1998, certains de ses tronçons sont inscrits au Patrimoine Mondial de l'Unesco.

          Nous avons visité la ville en arrivant et bien sûr la Cathédrale, très belle. Notre Dame de France, une colossale statue de 835 tonnes de fonte de fer, perchée sur le rocher Corneille qui culmine à 130 mètres au dessus de la ville ne manque pas de se faire remarquer.

             cathedrale-le-Puy.jpg        cathédrale le Puy en Velay

          Après un petit resto sympa au pied de la cathédrale où nous avons mangé la spécialité de la région, les lentilles vertes, notre premier hébergement  fût le gîte des Capucins, où nous avons partagé la chambre avec 4 frères qui étaient là, eux aussi, pour faire le chemin dès le lendemain. Drôle de coïncidence, 3 d’entres eux habitaient notre département, le Doubs, et l’un d’eux à quelques kilomètres seulement de Montbéliard.

 1 ère étape : Le Puy en Velay – Saint Privat d’Allier - 24 km – beau temps -  parcours sans grande difficulté -

           Après un copieux petit déjeuner, nous sommes partis vers 8h20 pour notre première étape qui commence en haut des marches devant la Cathédrale et qui doit nous mener jusqu'à Saint-Privat d’Allier.  Les 4 frères étaient allés pour 7h00 à une petite messe et à la bénédiction des pèlerins à la Cathédrale. Ils se sont vu remettre la créanciale ainsi qu’un chapelet avec une petite croix. Cette cérémonie a lieu tous les matins.

          A la sortie de la ville, le chemin commence par une belle côte et 230 mètres de dénivelé d’où on domine toute la ville. On arrive ensuite sur une ligne de crêtes qui offre de superbes paysages. On découvre l’Auvergne, ses paysages et charmants petits villages. On prend plaisir à cheminer dans les bois de pins, de genêts, de fougères, et le long de petits ruisseaux. Parti du Puy à 625 m d’altitude, on est à 1206 m quand on arrive au lac de l’œuf et à 875 m à Saint-Privat.

                        Saint-Privat d'AllierSaint-Privat d'Allier 3

          Saint-Privat d'Allier est perché sur un éperon rocheux qui domine les gorges de l'Allier.        

          Juste un peu de dénivelé, mais rien de difficile sur ce parcours qui fini par une descente caillouteuse. Nous avons dormi dans le gîte d'étape "La Cabourne"  à la sortie de Saint-Privat. Tous les gîtes du village étaient complet ! Avec un parisien nous étions 3 dans une chambre de 4 et nous avons accepté 2 personnes supplémentaires, 2 femmes arrivées tard et trop fatiguées pour aller plus loin. Nous avons mangé "le repas du pèlerin" à la Vieille Auberge dans le village.

  2 ème étape : Saint-Privat d’Allier – Saugues  (altitude 950m) - 19 km -  beau temps – parcours un peu plus difficile

          Il faut descendre dans les gorges de l’Allier et bien sûr, remonter de l’autre coté. Parcours donc un peu plus vallonné que le jour précédent, mais nous étions bien entraînés et n’avons pas trop souffert, contrairement à d’autres qui peinaient dans les longues montées. La descente sur Monistrol d'Allier est assez abrupte et certainement assez dangereuse par temps humide.

          Certains pélerins n'avaient que de petits sacs à dos et faisaient transporter leurs affaires par les navettes. Ils ne prenaient que le minimum nécessaire pour la journée.  Nous avions les sacs chargés des débutants, mais nous avons décidé d’assumer jusqu’au bout et de marcher avec nos lourds sacs à dos. On emmène toujours trop, suivez les conseils et n’emmenez que le strict nécessaire, votre dos et vos épaules vous remercieront. L’idéal, un sac de 10 à 12 kg et pas plus.

         On dépasse 2 jeunes, dont l’un deux à une collection d’ampoules, il a des pansements aux talons et à tous les orteils et continue le chemin en tongs. Pas facile dans les chemins empierrés ou boueux. Dans une côte un peu rude, nous sommes passés devant une curieuse chapelle malheureusement fermée, la chapelle troglodyte Sainte-Madeleine.

          Chapelle troglodite St-MadeleineChapelle troglodite la Madeleine à Monistrol

          En traversant le petit village Le Vernet, on s'est arrêté à la buvette "la coquille" tenue par un handicapé qui vend des sandwiches et boissons vraiment pas chers. C'est ici que Monique a acheté le coquillage, symbole du pélerinage, qui ne quittera plus son sac à dos.

          En arrivant sur les hauteurs de Saugues, on a une vue exceptionnelle sur les monts de la Margeride et on croise une grande sculpture de la bête du Gévaudan. C'est ici que commence le territoire de l'animal qui aurait tué 119 personnes en 3 ans. On est arrivé sur Saugues après une descente de plus de 3 km. Après l'installation au gîte, nous sommes allés visiter la ville ainsi que la tour des anglais, un donjon carré du XIII ème siècle et son musée.

          C’est à la Margeride que nous avons pris pension, en chambre de 2, c’était pas mal et pas très cher. Nous avons fait la connaissance de 2 québécois, d’une étudiante chinoise qui profite d’être en France pour faire le chemin et d’un groupe d’alsaciens. Ils étaient agés de 60 à 83 ans ! Ils étaient 12 ou 13 et chaque jour l’un d’entre eux devait se sacrifier et prendre la voiture pour emmener les bagages au gîte suivant.  Il était aussi chargé de l’intendance pour le pique-nique du midi.

 3 ème étape : Saugues – Domaine du sauvage  (altitude 1292m) - 20 km - temps pluvieux – parcours pas trop difficile

          Il s’est mis à pleuvoir ce matin là juste à l’heure de notre départ, vers 8h15.  La pluie fine s’est vite transformée en pluie très forte, c'était le moment de tester nos pélerines neuves. Après 2 heures de pluie torrencielle, sans guêtre, nous avions les pieds trempés.

          Nous avons du mal à décoller le matin et chaque jour nous étions les derniers à partir des gîtes. Mais nous avons un bon rythme de marche et nous sommes aussi à chaque fois les premiers à arriver au gîte suivant. Ca nous donne l'occasion de rencontrer beaucoup de monde sur le chemin. On ne se sent jamais seuls bien longtemps. 

      Après la pluie, le beau temps enfin pas tout à fait, et c’est assez mouillés que nous sommes arrivés au Domaine du Sauvage. Le corps de ferme est magnifique mais ça porte bien son nom, c'est loin de tout. A l’heure du casse-croûte nous étions déjà devant le gîte. Nous avons mangé sur une table en pierre et pris notre temps avant de nous présenter à l’accueil.

pause repas au domaine du SauvagePause pique-nique devant le domaine du sauvage

                   Le gîte est aménagé dans une ferme templière du 12ème siècle, sur un terrain de 850 hectares, située sur le GR 65, ça serait dommage de ne pas s’y arrêter. Il n’y a pas de demi-pension mais on peut apporter ou acheter des produits locaux sur place pour préparer son repas du soir et le petit déj. On a dîné en compagnie d’un couple d’allemands et d’un groupe de 9 personnes de Poitiers. C'était vraiment calme, nous avons très bien dormi.

 4 ème étape : Domaine du sauvage – Aumont-Aubrac  (altitude 1050m) - 27 km - temps couvert,  vent assez fort mais parcours descendant facile

          Départ à 8h00, on a fait des efforts pour se lever plus tôt à cause des 27 km à parcourir.

          A partir d’ici, on quitte l’Auvergne pour la Lozère en Languedoc-Roussillon et les paysages de la Margeride où l’on traverse d’immenses pâturages. Les collines succèdent aux vallées et chaque étape est une découverte permanente. En chemin on discute avec un couple de Basques qui nous raconte le chemin Espagnol qu’ils ont fait l’an passé. Sur cette partie du parcours depuis le Puy en Velay, on trouve assez régulièrement des points d’eau pour se ravitailler.

          Nous sommes arrivés à 14h45 à la ferme du Barry. Après la douche nous avons été prendre un verre au village, un belge, pèlerin lui aussi, s’est installé à notre table. Les pèlerins lient facilement connaissance. On a l'impression de se connaître, on est tous sur le même chemin et tous dans le même sens, même si les buts sont différents.

                        La ferme du Barryl'aligot de la ferme du Barry Aumont-Aubrac

          De retour au gîte que je recommande, nous retrouvons le parisien qui était dans notre chambre à St-Privat et faisons la connaissance à table d'autres pèlerins déja rencontrés sur le chemin. Le patron, Vincent, très sympa, fait l’aligot devant nous, il est excellent. L'aligot fait de purée et de tome très fraîche est peu recommandé avant une longue marche, mais le soir on peut en profiter pleinement. 

             5 ème étape : Aumont-Aubrac – Nasbinals (altitude 1180m) - 26 km - temps couvert avec éclaircies, vent très fort mais parcours plat facile

          Parti à 8h00, le chemin nous conduit dans l’Aubrac, vaste plateau à cheval sur 3 départements. Cette étape se fera à une altitude entre 1000 et 1200 m au travers de landes marécageuses et d'immenses paturâges. Nous sommes très souvent à découvert et le vent, très fort aujourd’hui, nous déséquilibre presque à chaque pas. Au printemps, la flore est exceptionnelle mais en septembre, il n'y a plus grand chose à voir.

          A 14h10 au gîte "La Grappière", nous sommes très bien accueillis, c’est sympathique, petit déj mais pas de repas le soir. Certains se préparent eux-mêmes le dîner, mais nous avons choisi la facilité et un petit resto sympa dans le village. Avant, nous allons visiter le village et Monique assistera à la petite messe de 18h00.

             Eglise romane de NasbinalsEglise de Nasbinals

          Dans le dortoir, on bavarde avec 2 alsaciens de Strasbourg et un norvégien. Chacun raconte d'où il est parti, jusqu'où il va, et les anecdotes heureuses ou malheureuses qu'il a rencontrées et qui font le bonheur du Chemin. 

          Notre première expérience s’est arrêtée là, car nous n’avions pris qu’une semaine de vacances et le 6ème jour fut donc consacré au retour au Puy en Velay par la navette.

          Levé tôt pour ne pas rater le transporteur, c’est le cœur un peu serré que nous avons regardé partir les autres pèlerins qui reprenaient le chemin plein d'entrain, sachant que de nouveaux paysages et d'autres belles rencontres les attendaient un peu plus loin. Cinq jours, c’est beaucoup trop court ! A peine le temps de s’habituer à l’ambiance du chemin et de faire quelques connaissances dans les gîtes avec les jacquets que nous retrouvions chaque jour sur le parcours.

         Quelqu'un a dit, "le seul moyen de retrouver son chemin est de se perdre d'abord". Difficile de se perdre sur le chemin, il est très bien balisé. Nous avons failli nous tromper 2 fois par manque d'attention, mais l'on s'en rend compte très vite.

          N’avons eu aucune douleur, aucune ampoule, aucun problème. Nous avons marché sans bâtons mais nous pensons qu'ils peuvent être très utiles dans les montées et les descentes un peu techniques. Il nous tarde déjà l'an prochain de remettre les chaussures et de charger le sac à dos pour la suite...

(voir les photos)

Publié dans Etapes 2009

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pierrot ermite des routes 04/09/2013 15:29

bravo pour votre chemin de Compostelle:)))

Ici au Québec, Canada, on me surnomme Pierrot l'ermite des routes ou encore le vagabond céleste.

Ma poésie de vivre se prépare à vagabonder la Belgique avec légendes vraies et chansons sur bâton de pélerin, le tout écrit à partir de vraies histoires vécues sur la route au Québec:)))

mon âme vagabonde espère bien vous croiser pour échanger sur nos créativités respectives:)))

www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com

sur google
citations de Nelson Mandela
Simon Gauthier conteur, le vagabond céleste
pierrot vagabond

courriel
pierrot@reveursequitables.com



LA ROUTE T'APPELLE


COUPLET 1

une vieille route
de campagne quelque part
une vieille grange abandonnée
avec d’la paille
dans laquelle je dors
encore

y a personne
y a pas de bruit
y a que l’aurore
qui s’approche
de mon corps

REFRAIN

réveille-toi mon ami,
wohhhhhhh
la route t’appelle
la brume est bel…el…le

tu vas claquer un peu des dents
la fin du mois d’septembre surprend
mème les vagabonds milliardaires
de leur temps

COUPLET 2

un vieux crouton d’pain
qui traîne dans le pack sac

un jeune psychologue
qui descend de son char
y s’est perdu
où est Quebec?
j’embarque avec

y est pressé
y roule ben vite
y est ben stressé
une cliente en attente

COUPLET 3

sur la galerie
d’Radio-Québec
dans la ville de Québec

le ventre plein
cette nuit-la
moi j’ai dormi
mon crouton d’pain
loin de la pluie
loin de la pluie

ma douce aurore
rapelle-toi
de toi
contre mon corps

comme
c’etait beau
nous deux
tremblant
de froid
dehors

Pierrot
vagabond céleste


Pierrot est l'auteur de l'Île de l'éternité de l'instant présent et des Chansons de Pierrot. Il fut cofondateur de la boîte à chanson Aux deux Pierrots. Il fut aussi l'un des tous premiers
chansonniers du Saint-Vincent, dans le Vieux-Montréal. Pierre Rochette, poète, chansonnier et compositeur, est présentement sur la route, quelque part avec sa guitare, entre ici et ailleurs.

Pierrot
vagabond des mots et des routes

marianne 03/07/2011 14:18


Merci pour le détail de votre chemin. C'est très intéressant et rassurant lorsqu'on décide un jour de se mettre le sac sur le dos. Je vais faire le même trajet fin Août avec un ami.
J'attends avec impatience la suite de votre chemin 2011 qui me permettront de préparer la suite.


sylvestre 12/06/2011 18:38


C'est avec beaucoup d'intérêt que je découvre votre témoignage sur le chemin de Compostelle entre Le Puy et Nasbinals. Je vais parcourir cet itinéraire cet été mais dans un groupe et accompagnée
par un guide. Vos conseils sont précieux quant à la préparation physique. Je m'y attèle depuis 15 jours.Ce sont les montées continues que je crains le plus.
Vous reprenez le chemin en 2011 je crois. Alors bon courage et merci.


notrechemindecompostelle.over-blog.com 12/06/2011 19:40



Merci d'avoir visité notre blog et d'y avoir laissé un petit commentaire, c'est sympa. Pour les montées, et les descentes il y en aura jusqu'au domaine du sauvage,
quelquefois un peu raides et un peu longues mais avec quelques petites pauses ça se passera très bien et ça sera beaucoup plus plat ensuite jusqu'à Nasbinals. Courage et bon chemin, ULTREIA
!



BRANDT Françoise 26/08/2010 07:29


bravo pour les photographies de nos beaux coins de France et félicitations pour les commentaires et la description des lieux, cela donne envie d'y aller.

Françoise et Jean Pierre


Bernard 02/08/2010 11:51


A si je t'ai vu Claude, tu y était, j'ai dû zaper une ou deux photos ce qui fait que je ne t'ai pas vu, encore toutes mes félicitations pour cette expédition. Bises à plus.
Bernard


notrechemindecompostelle.over-blog.com 02/08/2010 17:19



Ben oui que j'y étais !  je n'ai pas assez d'imagination pour inventer tout ça moi, lol !


et je trouverais ça dommage d'avoir manqué de si belles choses ! 


Merci à vous 2, bisous